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 ⊹ don't call it a fight when you know it's a war w/ bea

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MessageSujet: ⊹ don't call it a fight when you know it's a war w/ bea   Ven 31 Juil - 19:44


⊹ don't call it a fight when you know it's a war

« C'est pas qu'il est mauvais, c'est juste que je suis trop sobre pour apprécier... »
Tu souris, narquois et tu te redresses, abandonnant ta place après avoir fait en sorte que la demoiselle qui occupait tes genoux se lève et te laisse passer. T'es loin d'être sobre, mais tu voulais une excuse pour bouger. Pour traverser le bar, t'éloigner des baffles, des gens. Le bar est plein, il y a des gens qui profitent de la musique mais t'as du mal à te mettre dans l'ambiance. Un verre ou deux devraient aider, sans doute. Ca ne peut pas faire de mal de toute façon, sauf peut-être à ton fois, mais c'est déjà trop tard pour ce dernier alors merde.
Tu esquives deux demoiselles qui dansent, collées-serrées, se déhanchant sur ce que joue le mec planté sur scène. Il n'est pas mauvais, non, mélange de rock 90's et d'electro, c'est le genre de truc prémâché que les gens gobent pendant l'été, surtout depuis que le grunge est à nouveau à la mode. Tu passes une main dans tes cheveux pour les décoiffer et puis tu fouilles tes poches, à la recherche d'un billet. Avant tu savais exactement combien d'argent tu avais sur toi, mais ça fait des mois que tu n'as pas fait tes comptes. La magie de ne plus avoir de soucis avec ça. C'est presque étrange. Tu notes qu'il faudra que tu files ta carte aux deux meufs en revenant, sait-on jamais.
La barmaid, t'as déjà essayé de la racoler mais ce n'est pas la peine. Elle a été claire, alors tu te contentes de lui demander : « Un whisky sour, lésine pas sur la première partie » attendant ta boisson et sortant déjà de quoi fumer, tatant ton jean à la recherche d'un briquet que tu ne trouves pas. Tu soupires, tant pis. Tu paies, tu attrapes ton verre, tu en bois une gorgée et puis tu jettes un regard vers la table où tu étais installé... ça attendra cinq minutes.
Tu avances vers la porte, tu esquives une serveuse, un couple en train de s'embrasser comme des porcs, deux gamins en fringues OBEY qui n'ont certainement pas l'âge d'être là... et puis tu arrives enfin à sortir, soupirant et portant la clope que tu as extirpé du paquet à ta bouche. Il y a des gens dehors, t'es pas le seul et alors que tu titubes jusqu'à un endroit pour te poser, réalisant dans l'air nocturne, salé et frais, combien t'es ivre, tu lances aux inconnus dont t'as même pas regardé les visages : « Quelqu'un a du feu ? »
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MessageSujet: Re: ⊹ don't call it a fight when you know it's a war w/ bea   Ven 31 Juil - 20:33



Tu descends de la voiture en riant, vous venez de faire une course pour savoir laquelle des deux voitures arriverait la plus vite au bar. La voiture dans laquelle tu étais assise a perdu et le conducteur doit payer la prochaine tournée. Ça doit bien faire dix minutes que vous le charrier avec cette histoire, vous savez tous qu'il n'aura aucun mal à payer vingt verres à tout le bar s'il le fallait. T'es en compagnie de tout un groupe d'amis déjà bien arrosé, vous avez commencé la soirée il y a bien deux heures dans ton appartement autour de bouteilles de champagnes, de vodka, de rosé et de whisky. Vous fêtiez les vacances, vous fêtiez la vie et pour ça, vous n'aviez aucune préparation, juste de l'alcool qui coule à flot, une envie affolante de boire autant que possible et de comptes en banque bien fournis pour subvenir à n'importe lequel de vos besoins. Pour l'heure, vos envies s'étaient tournées vers un petit bar, un peu miteux, t'as l'habitude des trucs plus glamours, mais ça fera l'affaire pour ce soir, vous avez juste envie de rire et de boire jusqu'à ce que le soleil se lève et pour être honnête, vous allez probablement continuer à boire peu importe l'heure de la journée. Ô jeunesse dorée, jeunesse pourrie-gâtée, jeunesse qui court à sa perte.
Tu te regardes dans un des rétroviseurs de la voiture pour vérifier que tu es toujours aussi bonne qu'il y a deux heures, pas que tu comptes vraiment ramener quelqu'un chez toi, mais on ne sait jamais qui pourrait se trouver sur ton chemin ce soir. Ta bande de potes est un peu plus loin, ils se dirigent vers l'entrée en papotant bruyamment, mais au milieu de tout ce brouhaha, une voix t'interpelle. Tu te redresses sans pour autant te retourner vers le groupe. Cette voix immonde, tu ne la connais que trop bien. En effet, t'aurais jamais imaginé qui allait être là, à la même heure, le même soir, au même endroit. Rien que de penser à cette personne, t'en as envie de gerber. De tous les endroits de la ville, il a fallu qu'il se retrouve dans le même bar miteux que toi. Tu rejoins le groupe et tu te mets juste en face de l'abruti qui a demandé du feu. « Toujours en train de gratter des trucs aux plus riches à ce que je vois. » Tu le regardes de haut en bas, il n'a pas changé. Tu le dévisages, t'as envie de lui cracher dessus, sur sa face de rat. Le dégoût est placardé partout sur ton visage. « C'est ici que tu viens chercher ta prochaine victime ? », lui demandes-tu en désignant le lieu du menton. « A quelle pauvre fille tu vas ôter la vie, cette fois, Hayley ? »  
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MessageSujet: Re: ⊹ don't call it a fight when you know it's a war w/ bea   Ven 31 Juil - 20:51


⊹ don't call it a fight when you know it's a war

T'es sur le point de réitérer la question, tapotant encore tes poches à le recherche de ce briquet que t'es certain d'avoir embarqué quand quelque se plante devant toi. T'as à peine le temps de relever la tête pour regarder la fiche qui parle que déjà, elle t'agresse à moitié : « Toujours en train de gratter des trucs aux plus riches à ce que je vois. » Cette voix, tu la connais. Cette silhouette, tu l'as connais. La peste blonde plantée non loin n'est que trop familière, surement parce que tu sortais avec sa grande soeur. Tu jures, d'une voix à peine audible. T'étais pas prêt pour ça. Tu vas jamais être prêt pour ça. Elle est insupportable, mais est-ce que tu peux la blâmer ? Après tout, t'as sacrément merdé. Tu t'apprêtes à laisser couler mais elle ajoute, véhémente : « C'est ici que tu viens chercher ta prochaine victime ? » et alors qu'elle file un coup de tête en direction du bar, des gens, du monde qui vous entoure, tu t'écorches l'âme en reconnaissant les mimiques. Elle bouge un peu trop comme CeCe. Elle est incisive. Bordel, si c'était pas un hamster faisant un mètre vingt les bras levés, tu pourrais la balancer à l'autre bout du parking d'avoir osé te parler comme ça. Sauf qu'elle n'a pas terminé. Acide, elle ajoute : « A quelle pauvre fille tu vas ôter la vie, cette fois, Hayley ? » et tu sens la gifle qui menace de partir, l'envie de la faire taire qui te picote le bras.

T'es pas comme ça. Tu peux pas être comme ça. Même bourré. Surtout bourré. T'as passé combien d'année à voir ta mère se faire cogner, hein ? Tu peux pas devenir ce genre de type, pas quand tu arrives déjà à faire des dégâts sans lever le petit doigts. Tu te redresses, passe ta langue sur tes lèvres d'un air agacé et à ton tour, tu la toises. Dans ta tête, elle est encore au lycée, c'est encore un bébé. Un bébé a qui t'a arraché un bout de famille. Tu déglutis, t'as envie de la secouer, de dire que t'as pas fait exprès. Sauf que ça ne va pas ramener Cecily et ça, tu le sais. Tes excuses ne servent à rien, autant être odieux, autant donner aux gens de quoi te détester, au moins ils peuvent avancer en se disant que t'es un monstre, ils ont de quoi s'accrocher plutôt qu'un vide monstrueux, le vide dans lequel tu te vautres. Un éclair glacial passe dans ton regard et tu serres les mâchoires, faut juste que tu la remettes en place, la merdeuse. « Peut-être que si tu fermais ta gueule deux minutes » tu commences, crachant tes mots d'une traite pour qu'elle ne puisse pas t'interrompre « et réalisais qu'elle était en train de me sucer quand je me suis planté, tu capterais que ta précieuse soeur s'est tuée toute seule et a manqué de m'emmener avec elle, espèce de roquet dégénéré. »

C'est faux, absolument faux et ça fait mal de dire ce genre de truc. C'est faux et t'aime pas parler de Cecily comme ça, mais t'as quel autre choix ? Tu forces un sourire, immonde, froid, impersonnel. C'est sournois et sadique et au passage, tu te fous une grande gifle mentale.
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MessageSujet: Re: ⊹ don't call it a fight when you know it's a war w/ bea   Ven 31 Juil - 21:53



Depuis ton plus jeune âge, on t'apprend à sourire en toute circonstance, on t'apprend à tenir tête à quiconque se trouve sur ton chemin, on t'apprend à te battre pour ce que tu veux, on t'a appris à être fausse, hautaine et froide. Ce sont trois atouts que tu maîtrises bien et dont tu te sers à peu près tous les jours dans des situations comme celle-ci. Tu croises les bras en écoutant ce rat parler de ta sœur comme si elle n'était qu'une salope des bas quartiers. Tu ne comprends pas comment Cecily a pu sortir avec un connard pareil. Le mot asshole est pratiquement tatoué sur son visage. Il ne t'inspire que haine, colère et dégoût. Tu ne le connais que très peu (et clairement tu n'as pas envie de le connaître mieux), mais chaque fois que tu le vois, il fait ressortir le pire en toi. Les seules fois où tu lui adressais un tant soit peu d'attention, c'est quand CeCe te forçait avec un semblant de conversation avec lui et avec les quelques fois où cela est arrivé, tu en as conclu que le gars était aussi vide d'intelligence qu'il en avait l'air. Visage stupide et esprit encore plus stupide. Non, mais vraiment qu'est-ce que Cecily pouvait bien lui trouver ?
Une fois qu'il avait fini de parler, tu te mets à sourire. Un sourire mauvais, un sourire qui traduit toute la colère que tu as accumulé à son égard durant les deux dernières années. Oh Dieu sait à quel point tu as envie de le frapper à cet instant présent. En vérité, même lui doit le savoir. Ce n'est pas possible qu'il ne sache pas à quel point il est détestable, à quel point, il ne vaut rien et à quel point il n'a pas sa place dans cette ville, dans ta vie et pire encore, à quel point il n'avait pas sa place dans celle de CeCe. Tu ne sais pas si tu lui pardonneras un jour de t'avoir enlevé ta sœur. Il ne s'est même jamais excusé ou alors ses excuses étaient tellement minables que tu ne t'en souviens même pas. Dans tous les cas, tu sais que ce gars est fini, il ne tiendra pas longtemps dans les beaux quartiers. C'est un gamin en perdition, il va droit dans le fossé et tu seras la première à l'enterrer.
Toujours en souriant, tu soupires, excédée d'entendre sa voix, d'entendre des conneries sortir de sa bouche de petit merdeux. « C'est comme ça que tu te rassures tous les jours ? » Tu hausses un sourcil. Il aurait du mourir ce soir-là. « Tu blâmes CeCe parce que t'étais ivre comme un porc ? » Il aurait dû y rester et CeCe aurait dû être à tes côtés pour faire la fête ce soir. « C'est comme ça que tu t'arrives à dormir la nuit ? En te disant que c'était pas ta faute ? » Tu laisses échapper un petit rire avant de le contourner avec ta clique. T'as besoin d'un verre et illico-presto. Un peu plus loin, tu lui cries, sans même prendre la peine de te retourner : « Reste dehors, c'est la place des chiens. » Connard.
 
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MessageSujet: Re: ⊹ don't call it a fight when you know it's a war w/ bea   Ven 31 Juil - 22:22


⊹ tell your friends to sharpen their teeth

Tu vois la haine qui monte, qui grimpe en elle, ce mal latent qui n'attendais qu'une étincelle pour s'enflammer, un brasier digne du 4 juillet dans les iris de la blonde. Ce genre de regard, tu t'en adresses un dès que tu croises un miroir, mais tu enterres ta rage, ta culpabilité. Ils ne peuvent pas le voir, sinon ils vont t'enterrer. Ils doivent juste avoir la façade, ça doit être suffisant. T'es un con, t'es insupportable, immature, irresponsable, tu passes ta vie à faire la fête, t'es constamment entouré de filles à moitié nue, on ne te prend pas au sérieux. La dernière fois que t'as été sérieux, t'as tué ton bonheur d'un coup de volant malencontreux. « C'est comme ça que tu te rassures tous les jours ? » Tu hausses un sourcil. Il aurait du mourir ce soir-là. « Tu blâmes CeCe parce que t'étais ivre comme un porc ? » Tu sais ce qu'elle pense, ce que tous les potes de Cecily pensent. C'est injuste. Le résultat aurait dû être l'inverse, le sort aurait dû te prendre toi, pas elle, parce qu'elle ne conduisait pas, parce qu'elle, au moins, elle était aimée, importante, pilier de cette petite communauté que tu détestes, quoi que tu fasses. Ils te haïssent aussi, ça tombe bien. Elle le porte sur elle, le mal que tu lui as fait, la haine qu'elle te voue. « C'est comme ça que tu t'arrives à dormir la nuit ? En te disant que c'était pas ta faute ? » T'as presque envie de gueuler que ça fait deux ans que tu ne dors plus, pas sans être ivre mort, encore plus le soir de l'accident et que lorsque t'arrive enfin à fermer les yeux pour te poser un peu, les souvenirs de taule froissée, de sang et de moteur en feu s'imposent trop vite pour ne pas provoquer des terreurs nocturnes. Tu tapes dans ta boisson, presque certains que tu vas finir par péter le verre tant tu serres fort, te retenant de la gifler. Plutôt crever que d'avouer que ça ne va pas, plutôt crever que de perdre patience et d'être autre chose qu'une ordure absolue.
Et déjà elle s'éloigne, trop calme, absolument trop calme. Merdeuse dédaigneuse rejoignant sa petite bande de connards hilares alors que toi, t'es dévasté, là comme un idiot, planté. Et puis elle ajoute, en riant à moitié : « Reste dehors, c'est la place des chiens. » et t'as l'impression de péter les plombs intérieurement, tu te demandes comment ça ne se termine pas en hémorragie nasale tant tu te contiens.  « Bitch tu penses que tu peux me donner des ordres quand on sait tous les deux que c'est toi qui a besoin d'une muselière ? » T'as l'impression d'être sur le poing de grogner. Tu termines ton verre, d'un trait, tu le jettes par-terre et il s'éclate. Déjà, tes mains forment des poings et tes articulations blanchissent alors que l'alcool te brule l'oesophage. « Si tu veux quelque chose à mettre dans ta bouche pour la fermer, j'ai du boulot pour toi » tu articules entre tes dents « T'es surement bonne qu'à ça, comme toutes les petites putes friquées de l'OC »
Tu craches ton poison en espérant apaiser la tempête, elle a même pas idée de l'état dans lequel elle te fout, cette gamine que tu connais à peine.
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MessageSujet: Re: ⊹ don't call it a fight when you know it's a war w/ bea   Ven 31 Juil - 23:35



Tu t'arrêtes d'un coup, sans pour autant te retourner. C'est lui l'adulte et pourtant, il se conduit comme un enfant capricieux. T'en peux plus de lui, de toutes les aberrations qui sortent de sa bouche putride. T'entends du verre se briser et tu sais qu'il est à bout, tout comme toi, sauf que vous gérez ça de manières totalement différentes. Tu parais calme, même si tu ne l'es pas, la haine déforme chaque trait de ton visage. Auparavant, rien que le fait d'entendre parler de con te faisait rouler les yeux. Quand tu le voyais, tu avais juste envie de lui ouvrir les entrailles pour que ça serve de nourriture aux mouettes sur la plage. Mais maintenant que tu le vois et que tu peux l'entendre, t'as envie de le réduire en cendre, de le désintégrer jusqu'à ce qu'il ne soit que poussière. Si on prend son statut dans la société, il n'est, en soit, pas très loin de là. Tu finis par faire volte-face à ce crétin profond. Tu t'approches de lui, lentement, tu prends ton temps pour arriver juste en face de lui. On dirait un chien enragé, t'as presque peur qu'il ne te saute dessus pour te mordre, ce vilain cabot. Oui, presque. « Est-ce que Cecily aussi tu la traitais de petite pute friquée de l'OC ? Elle était bonne qu'à ça, ma sœur ?! » Tu plisses les yeux, il n'a aucun respect pour personne, même pas pour lui-même, déchet de la vie balayé par le vent, il ne vaut pas grand chose et n'essaie pas de prouver le contraire à qui que ça soit. Pauvre type, t'en as presque pitié (enfin, non, pas vraiment). « Est-ce que Cecily aussi, tu la traitais comme de la merde ?! » Tu penches la tête sur la gauche en faisant mine de réfléchir comme une gamine innocente. « Peut-être que c'est pas plus mal qu'elle soit partie, au moins, elle est débarrassée d'un boulet comme toi. » Paix à ton âme, CeCe. Ces dernières paroles te tranchent un peu la langue, tu ne les penses qu'à moitié. Non, en fait, tu ne les penses pas du tout, t'aurais voulu qu'elle soit là, à côté de toi, à vous séparer, toi et le merdeux ambulant qui se trouve en face de toi. T'aurais voulu qu'elle te dise de faire la paix avec le gars avec qui elle sortait en souriant comme une enfant, comme elle le faisait toujours. Ça n'aurait rien changé à la situation, tu aurais toujours détesté ce débris de la vie, mais t'aurais fait avec, pour CeCe.
Sauf que tout est différent, Cecily n'est pas là, la paix entre Hayley et toi n'est pas prête d'arriver et tu pourrais lui sauter dessus à n'importe quel moment pour lui arracher son stupide visage, le tuer à coup de poing ou de pied ou de peu importe à coup de quoi tu le tuais, il fallait juste qu'il soit mort. « Honnêtement, ta mère aurait du rendre un service à tout le monde et avorter quand elle en avait encore le temps. » C'est limite si tu ne lui craches pas à la figure en lui disant tout ça. Tu perds ta patience, mais tu essaies de te calmer et de baisser le ton. « Tu devrais partir. » Et encore une fois, tu lui tournes le dos pour te diriger vers l'entrée. « Je ne parle pas juste du bar, mais de la ville. » Tu te ravises en ajoutant : « Du pays entier, en fait. Va-t-en, Hayley, personne ne veut te voir, de toute façon. » Et juste avant d'ouvrir la porte du bar, tu tournes la tête vers lui : « Et la seule personne qui aurait voulu te voir n'est plus de ce monde ... Grâce à toi. » Ce n'est pas d'un verre dont tu as besoin, mais de la totalité de l'alcool qui se trouve dans ce bar.
 
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MessageSujet: Re: ⊹ don't call it a fight when you know it's a war w/ bea   Sam 1 Aoû - 0:55


⊹ too many war wounds and not enough wars
too few rounds in the ring and not enough settled scores

Tu la regardes, la petite garce. Tu la regardes et tu regrettes soudain d'avoir balancé ton verre, parce que tu aurais pu t'en servir pour lui éclater le crâne. Tu t'imagines déjà, une main autour de sa gorge, à la pousser contre le mur, à l'étrangler pour la faire taire... T'as commencé, quelque part. Non, c'est elle qui a cherché, même si c'est toi le responsable. C'est elle qui est venue t'emmerder. Elle a surement le droit, elle a surement raison, mais merde à la fin. T'as un trou dans l'âme, un trou dans le coeur, là où était Cecily, précieuse Cecily. Vous vous la balancez à la gueule comme si c'était une bombe sur le point d'exploser. Vous savez tous les deux que la déflagration est violente. Putain qu'elle te manque. C'était plus simple, c'était facile. Vous arrêtiez pas de vous engueuler mais t'avais l'impression d'être important, tu comptais pour elle, t'avais une raison de te lever le matin, une excuse pour être moins con, moins imbuvable, moins violent. Tu ne crois pas en quelconque entité à la con mais tu te demandes si elle est perchée quelque part, CeCe, à te regarder péter les plombs. Elle penserait quoi, de te voir sur le point d'exploser sa petite soeur ? Tu déglutis, tu recules d'un pas, alors qu'elle termine sa diatribe. Tu n'en entends que la moitié, mais la fin est claire et nette, douloureuse au possible : « Et la seule personne qui aurait voulu te voir n'est plus de ce monde ... Grâce à toi. »

L'espace d'un instant, tu baisses la tête. L'espace d'un instant, il y a un voile étrange devant tes yeux. De la honte, de la douleur. T'es trop sobre pour ce genre de connerie, t'es pas en état d'encaisser une nouvelle vague de désespoir. Tu relèves la tête et les barrières sont encore à terre, tu paniques pendant une seconde. Elle a peut-être raison, faudrait peut-être que t'aille te planter, te faire oublier, que tu fasses une sortie de route pour aller retrouver CeCe et libérer les gens, qu'ils n'aient plus à te supporter... « Je... » tu murmures, tu bafouilles comme un enfant au tableau et puis tour de force, l'éclair passe et tu remontes tes murailles. « Retourne à tes histoires d'adolescentes, pauvre petite conne, tu sais pas de quoi tu parles » ta voix tremble un peu, un peu trop à ton goût, tu te râcles la gorge. Il y a une personne capable de comprendre le manque, en dehors des parents de Cecily, qui n'étaient pas vraiment des parents à vrai dire, trop peu impliqués. Il y a une personne et cette personne, cette gosse, tourne depuis deux ans en étant animée part une haine viscérale envers toi. Tu peux pas la blâmer mais t'as envie de la secouer. Elle pense quoi, que tu t'en fous ? Surement, en fait, tu fais en sorte qu'elle y croit. Personne ne doit savoir que ça te bouffe petit à petit et que ça finira par te tuer, personne ne doit avoir ce genre de pouvoir, ils connaissent tous ta pire connerie mais ne peuvent pas voir les conséquences. « J'en ai rien à foutre de tes états d'âme et j'vais pas partir pour te faire plaisir » lances-tu, un peu plus ferme, alors que tu retrouves ta hargne. T'es trop fier pour céder et lui faire plaisir, t'es trop fier pour te barrer. Tu restes mais c'est uniquement pour faire chier le monde, il n'y a que ça que tu sais faire. « Va donc retrouver tes abrutis de potes avant que je me décide à finir ce que j'ai commencé » murmures-tu en la dévisageant, menaçant, regard sombre la dardant de la tête au pied alors que tu te hais d'insinuer que l'accident n'en était pas un, que c'était fait exprès et qu'elle aussi, tu peux la tuer. Comme si t'avais voulu tuer Cecily. Comme si tu pouvais ternir les restes de sa mémoire en amochant sa teigne de frangine.
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MessageSujet: Re: ⊹ don't call it a fight when you know it's a war w/ bea   Sam 1 Aoû - 2:08


⊹ too much of anything is too much.

Rien ne devait se passer comme ça. Tes potes et toi, vous étiez censé fêter la vie, fêter la jeunesse et gaspiller ce trop plein d'argent que vous aviez tous. Il a fallu que vous choisissiez ce bar bizarre où évidemment, tu devais croiser la dernière personne que tu voudrais voir, Hayley. T'as pas pu t'en en empêcher et tu lui es rentré dedans comme tu le fais toujours, mais à chaque fois, tu regrettes de ne pas lui être rentré dedans avec ta voiture. Oh oui, tu aurais tellement aimé. Vous vous bouffez la gueule comme deux animaux se battant pour leur statut au sein du troupeau. L'agressivité et l’hostilité, c'est votre seule façon de communiquer, au fond. Et encore, t'es pas certaine que le mot communiquer convienne vraiment à votre relation, à ce gorille et toi. Après les insultes toutes aussi dégradantes les unes que les autres, il te menace. De mieux en mieux, sa mère serait tellement fière de lui. Tu sais qu'il serait plus mature d'arrêter et de rentrer dans le bar pour enfin, te bourrer la gueule, mais tu ne peux pas t'empêcher de lui répondre et de le remettre à sa place. Ça y a le gosse se fait un peu d'argent de poche et il pense qu'il est le roi du monde. Tu te retournes, pour ce que tu espère être la dernière fois. « Tu veux me tuer aussi ? Bah vas-y, histoire que tu gagnes de l'expérience en tant que meurtrier. Une fille de la même famille, en plus, ça doit faire beau sur le CV. » Tu croises les bras sur ta poitrine pour le regarder de haut en bas, tu l'as désarçonné pendant un petit instant et tu peux le voir. « T'as aimé ça ? Voir CeCe, allongée sur le bitume, couverte de sang, probablement les vêtements en lambeaux et le visage tuméfié ... T'as aimé ? » Tu déglutis. Tu t'imagine la scène, Cecily dans, ce qui à l'air d'être, une position plus qu'inconfortable, du sang sur le visage, les yeux encore ouvert qui exprime le choc, ses vêtements sales et déchirer à certains endroits à cause des frottements avec le sol. Tu clignes des yeux pour revenir à la réalité. Tu décroises les bras en baissant les yeux vers le gravier. Tu soupires, ça te fatigue tout ça et tu perds toute l'assurance que tu avais grâce à l'alcool. Tu joues avec un caillou avec le bout de ta chaussure, on dirait une enfant, tu en es toujours une, en vérité. Du haut de tes dix-neuf ans, tu veux paraître indépendante et forte, mais quand un fantôme du passé se promène dans la ville, t'as du mal à assumer de devoir le croiser autant. « Franchement, arrête de nous torturer, Hayley. Laisse-nous un peu de répit à mes parents et moi. On en peut plus. » Plus aucune agressivité, aucune, tu baisses les armes pour un temps. T'as vraiment besoin d'un verre. Et là, n'attendant plus quoi que ça soit de lui, tu rentres réellement à l'intérieur, tu n'attends même pas tes amis pour commander des shots de vodka dès que tu arrives au bar. On t'en donne cinq et t'as bien l'intention de garder les cinq pour toi.
 
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MessageSujet: Re: ⊹ don't call it a fight when you know it's a war w/ bea   Mar 4 Aoû - 0:56


⊹ I'm a goner, somebody catch my breath

Tu la regardes. Non, tu la dévisages. Tu dardes sur elle un regard glacial, morbide presque. Toute cette rage, toute cette hargne, il y en aurait assez pour réanimer CeCe, pour la ramener. Pour apaiser la peste et guérir tes nuits et faire revenir le fantôme qui vous hante tous les deux, chiens d'attaques prêts à vous sauter dessus pour vous entretuer. Cette petite peste te rend tellement nerveux, tellement prompt à sursauter, à partir en vrille pour rien. T'as presque envie de lui cracher à la gueule lorsqu'elle demande : « Tu veux me tuer aussi ? Bah vas-y, histoire que tu gagnes de l'expérience en tant que meurtrier. Une fille de la même famille, en plus, ça doit faire beau sur le CV. » et alors qu'elle croise les bras, tu lui en veux de te foutre dans un état pareil. Elle fait ressortir le pire et pas seulement vis-à-vis de ce que tu as pu faire. Elle fait ressortir la violence incontrôlable et l'envie de tout envoyer bouler, à ça s'ajoute la culpabilité. Cocktail au combien dangereux, plus que n'importe laquelle des mixtures que tu pourrais avaler ici. « T'as aimé ça ? Voir CeCe, allongée sur le bitume, couverte de sang, probablement les vêtements en lambeaux et le visage tuméfié ... T'as aimé ? »

Tu déglutis, livide. Les images passent devant tes yeux, tellement familières. Les souvenirs ont un goût de métal, d'acide de batterie, d'essence, de verre pillé dans les embruns de l'océan. Tu t'es planté le long du pacifique et pendant qu'elle crevait, tu pouvais entendre les vagues. Tu revois le corps inanimé et soudain, t'as envie de crever, de gerber, tu ne sais pas, ça se mélange. T'es pâle, exsangue, du moins on dirait. T'es presque soulagé lorsqu'elle ajoute : « Franchement, arrête de nous torturer, Hayley. Laisse-nous un peu de répit à mes parents et moi. On en peut plus. » mais bien vite tu comprends ce qu'elle sous-entends.

Elle s'enfonce dans le bar et tu la regardes faire. Tu ne bouges pas, tu sais que tu vas tituber si tu marches. Petite peste, petite garce qui insinue qu'elle a le monopole du deuil. Et toi, tu t'enfonces petit à petit, tu souffres en silence parce que merde, personne ne sait combien elle te manque. Béatrix peut aller sur sa tombe. Béatrix a d'autres photos que les trois pauvres clichés sauvegardés sur ton téléphone. Béatrix a une vie de souvenirs et toi, t'as quelques mois volés alors que t'aurais pu passer ta vie avec CeCe. Personne n'y croyait, évidemment, mais bordel ce que tu pouvais l'aimer. Tu déglutis, tu te retournes finalement et tu vois quelqu'un qui sort un briquet, alors tu tends le bras et tu le voles. Déjà, l'autre commence à gueuler, parce que t'as pas demandé. Ils t'ont tous regardé te prendre la tête avec la blonde, t'as l'impression d'être vide maintenant, alors tu grognes « ferme ta gueule. » à l'inconnu, tu lui rends son briquet en résistant à l'envie de le jeter dans l'obscurité juste pour faire chier et tu tires une taf si longue sur ta clope que t'as l'impression d'en fumer la moitié d'un coup.

Elle n'en peut plus.
Elle n'a même pas idée de ce que ça fait que de vivre avec la culpabilité, le poids d'une erreur qui a changé tant de chose. Toi, t'attends qu'une chose c'est que ça te crève finalement. Ton téléphone sonne, truc de boulot surement, c'est la sonnerie d'Oli... tu ignores, observant la porte et fumant en silence, le ventre noué, la tête prête à exploser derrière le masque narquois d'indifférence.
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MessageSujet: Re: ⊹ don't call it a fight when you know it's a war w/ bea   Mar 4 Aoû - 2:20


⊹ i'm weak and beaten down.

Tu les as tous bu, les cinq shots et t'en as recommandé d'autres pour les boire seule, encore une fois. Tes potes, tu les as un peu envoyé chier quand ils t'ont suivie, ils ont râlé pour ton caractère de cochon, mais tu ne les écoutais pas vraiment, trop perdue dans le fil de tes pensées, trop perdue dans le film de ta mémoire, trop perdue avec Cecily. Ils ont fini par te laisser seule au bar pendant qu'ils s'étaient tous assis à une table, un peu plus loin. Et toi, t'es là, avec tes souvenirs, le fantôme de Cecily qui te hante, tes cinq shots et tous tes souvenirs. Tu ne voulais pas le voir ce soir, tu ne voulais pas le voir tout court. Tu portes un des shots à tes lèvres avant de le descendre rapidement en grimaçant. Tu te demandes pourquoi la vie c'est comme ça. Pourquoi certains ont le droit de rester alors que d'autres s'en aillent ? Pourquoi ceux qui méritent de respirer, de vivre, de profiter sont ceux qui partent les premiers ? Et toi, t'es même pas sûre que tu mérites tout ça, qu'est-ce que tu fous encore là ? Et un deuxième shot de parti, tu tousses, t'y es allée tellement vite que t'as avalé de travers. Merde, y a vraiment rien qui va, ce soir. Si tu le pouvais, t'aurais échangé ta place avec Cecily directement, t'aurais donné ta vie pour la sienne, t'aurais donné tout et n'importe quoi pour ne serait-ce la revoir une dernière et lui dire au revoir correctement, une dernière fois. Tu te demandes si tu aurais pu changer quelque chose si tu avais décidé d'être là. Ce n'est peut-être pas la faute d'Hayley, peut-être que c'est la tienne, celle de ton absence. Tu reposes le troisième verre à shot brutalement sur le bar en bois, celui-là est mal passé, il te brûle l’œsophage.Tu divagues, le trop plein d'alcool ou le manque, allez savoir. Tu penses n'importe quoi, c'est Hayley le fautif, Hayley, Hayley, Hayley ... Ce connard, c'est lui, c'est rien que lui. Tu poses tes deux coudes sur le bar dur et froid en te massant les tempes. Et puis, tu prends un quatrième shot parce que tu le vaux bien. Tu décides de prendre le cinquième directement, pour Cecily. Voilà comment, en moins de vingt minutes, tu as réussi à te miner le moral et à boire dix shots à toi toute seule. Le pire dans l'histoire, c'est que tu relèves le bras pour interpeller le barman. « Encore ! » Tu crois que tu l'as hurlé plus fort que tu n'aurais du, mais t'es pas trop sûre et tu t'en fous de toute façon. Tu t'en fous des gens, tu t'en fous de l'argent, tu t'en fous de la vie, tu t'en fous d'Hayley, tu t'en fous de tout. Y a rien que vaut la peine de quoi que ça soit de tout façon, sauf Cecily, elle, elle était bien, elle valait la peine. Était, valait, c'est du passé tout ça. T'as besoin d'une nouvelle page, d'un truc propre, mais tu peux pas, tu veux pas, t'es pas prête. Mais t'es prête à boire donc tu descends encore un shot. Et puis, un deuxième. Tes potes ont décidé de partir au Monte Cristo. Si tu veux venir avec eux ? Non, merci, t'as pas fini avec tes amis les verres de vodka, toi. Alors tu restes là, affalée sur ton tabouret, dans un bar miteux, avec trois shots encore remplis que tu finis par boire bien assez vite. Tu commences à avoir chaud, t'irais bien prendre l'air, mais t'as peur qu'Hayley soit encore là à roder ou pire encore, à réellement attendre devant le bar pour te tuer. Il en serait capable, t'es sûre, il en est pas à une mort près maintenant. Tu reposes ta tête sur ta main en regardant les gens, le barman, le bar collant et tout le reste, mais ça devient flou. Ah, t'as oublié de préciser que tu tiens pas trop l'alcool, tant pis, tu bois encore. T'as déjà payé pour les shots, ça serait trop triste de les gâcher quand même ? Alors t'en prends encore un. Et t'as envie de pleurer parce que rien ne se passe comme prévu, ta vie, elle ne se passe pas comme prévu et pire encore, celle de CeCe non plus et tu peux rien faire pour arranger la situation. Alors tu bois.

Parce qu'il te reste que ça.
 
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MessageSujet: Re: ⊹ don't call it a fight when you know it's a war w/ bea   Mar 4 Aoû - 2:51


⊹ she doesn't deserve to be in a place like this all alone

T'as du mal à déglutir. T'as l'impression d'avaler une poignée de verre pilé à chaque fois que tu tentes de faire ça normalement. Tu tires sur ta cigarette et la fumée âpre s'échappe, du tube de tabac, de toi, montant dans la nuit, se perdant dans les lumières seulement dérangées par les insectes avides cherchant cet or ambré sans réaliser que ce n'est qu'une illusion, pour eux. T'as l'impression de t'enfoncer dans les tréfonds d'un enfer dont tu ne pourras jamais sortir. Ce monde est ton purgatoire, ton cloaque prêt à engloutir ce qu'il te reste d'humanité. Tu tires une dernière latte et tu jettes la cigarette, observant le mégot dégueuler une gerbe d'étincelle en rencontrant le sol. Putain, tu espères presque que la sécheresse fasse son boulot et qu'un incendie se déclenche. Let the flames begin, pour expier tes péchés.

Tu soupires, tu lèves les mains, tu appuies sur les côtés de ton crâne en espérant faire taire le tout. T'es ivre mais pas assez. Tes potes doivent se demander où tu es. Oli bosse, il doit attendre que tu le rappelles et il y a deux filles qui tournent pour la compagnie installées à une table à l'intérieur. T'as pas envie d'y retourner, pourtant, t'as pas la tête à ça, à faire semblant. Tu te demandes si elles ont repérés Béatrix lorsque la petite blonde est entrée. Tu te demandes si elles pensent que t'es déjà loin, justement parce que Béa est là. Faut dire, l'envie de fuir est forte. A la place, pourtant, tu pousses la porte du bar, t'as besoin d'alcool. C'est le seul truc qui semble remplir le vide intersidéral laissé par le deuil, le seul truc capable de te réchauffer. T'es une épave, mais t'es pas pire que la gamine vautrée sur son tabouret, tu peux la repérer dès que tu fous les pieds à l'intérieur. Et puis tu tiques, tu mords l'intérieur de ta joue. Pourquoi elle. Pourquoi. Pourquoi ce soir. Tu soupires, t'es pas en état d'y retourner. Et pourtant t'es valeureux, tu t'armes de courage, tu te donnes une minute avant de foncer pour aller chercher un verre. Retourner dans les parages de Béatrix demande pas mal, ce soir. Elle t'a amoché, la garce. Tu lui en veux d'être en colère, quand à sa place, tu aurais trouvé la force de buter le responsable de l'accident... Cette même force qu'il te manque à présent pour te finir.

Elle semble dans un état pire que le tien. Elle boit, elle boit trop, elle est ivre morte et t'es pas le seul à l'avoir remarqué. C'est le genre d'état d'ébriété qui fout une fille par-terre lorsqu'elle se relève. C'est le genre d'état d'ébriété qui fait que le lendemain est flou, en dehors des bleus clairsemant l'épiderme de celui qui a abusé de la bouteille. Il y a un type qui semble décidé à être celui qui laisse les bleus. Tu l'as vu sur scène un peu plus tôt et déjà, déjà tu pestes. Foutu coin de riche où on vérifie pas l'âge des merdeux qui rentrent tant qu'ils peuvent payer, foutu musicien qui s'approche et la regarde, lubrique. Tu devrais t'en cogner, mais il pose ses mains sur ses hanches, la collant à son torse et venant murmurer un truc à son oreille. Elle arrive à peine à garder les yeux ouvert, même de là où t'es tu peux le voir.

Tu ronges ton frein et tu tentes d'ignorer, tu avances jusqu'au comptoir, concentré. Il te faut un verre, tu lèves la main pour commander, t'attends sagement, quoi qu'un peu nerveux, un peu jumpy, à tapoter du bout des doigts sur la surface poisseuse, impatient. Tu fais attention de ne pas regarder en direction de la blonde et pourtant, dans ta vision périphérique, tu vois le mec qui use de ses charmes. Grand prince, évidemment, il s'acharne sur une fille alcoolisée. T'es beaucoup de chose, un connard, un merdeux, un meurtrier même, si on veut voir les choses comme ça, mais t'es pas un violeur et t'as pas de patience pour les mecs qui frôlent les limites du consentement. C'est Béatrix, c'est la soeur de CeCe, CeCe qui serait là pour la protéger si t'avais pas jouer au con. Elle va surement t'envoyer bouler mais un peu plus, un peu moins... « Lâche la, Mate, elle est pas toute seule » tu craches entre tes dents, sans te retourner, attrapant ton verre, en descendant la moitié. Ce genre d'enflure ne comprend que la propriété, c'est con, mais s'il faut jouer les machistes à la noix pour avoir la conscience tranquille. Tu t'accroches à cette idée. Tu fais ça pour Cecily, pour ta conscience, parce qu'elle se met minable à cause de toi et qu'il est trop tard pour partir. C'est tout. « Et toi, tu te calmes sur la descente, t'as plus d'alcool que de sang dans le système là... »

T'es critique plutôt que paternaliste, cruel plutôt que protecteur, ça vaut mieux. Même si t'es en train d'essayer de la protéger, la petite garce, ça vaut mieux de croire que tu t'en cognes, que c'est juste une excuse pour l'humilier.
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MessageSujet: Re: ⊹ don't call it a fight when you know it's a war w/ bea   Mar 4 Aoû - 3:39


⊹ don't let me be gone.

T'as arrêté de compter combien de shots il te restait ou combien tu en avais déjà ingurgité parce que tu sais que le nombre, c'est beaucoup. Tu commandes, tu payes et tu bois, c'est tout. T'es bonne qu'à ça, dépenser de l'argent. Et baiser apparemment. On a du remarquer ton talent dans le bar parce que tu sens des mains se poser sur tes hanches. Tu essaies de les dégager, en vain. Tu tournes la tête, un peu trop vite, et tout ton monde tourne aussi. T'entends une voix, assez lointaine, qui te demande de passer la nuit avec toi. Tu secoues la tête, non, tu veux pas. La voix insiste, tu essaies de placer un visage dessus, mais t'as du mal à garder tes yeux ouverts, les lumières te font mal aux yeux, les gens te font mal aux yeux. Elle te demande encore, si tu es sûre de toi, en baladant ses mains sales sur toi. Non, t'essaies de te sortir de ses bras, mais tu n'y arrives pas, tu n'arrives à rien comme avec tout ce que tu entreprends dans ta vie.

Et puis tu l'entends encore, cette autre voix qui d'habitude te fait grincer des dents. Les deux voix se parlent et toi, tu poses ta tête sur le comptoir, il te reste un shot quelque part, tu crois. Tu le cherches des yeux, mais c'est dur. Avant même que tu n'aies le temps de faire quoique ça soit, l'autre chien t'aboie dessus. Tu te redresses avec peine. Tu fronces les sourcils en direction de la voix si familière, trop familière même, d'Hayley. « T'es qui pour me donner des ordres, toi ? » Et juste comme ça, tu te retournes vers le barman en criant que tu voulais une cinquième tournée. Tu veux oublier, tout oublier, Hayley, cette soirée, ta vie, le gâchis qu'est ton avenir et même CeCe, tu veux oublier tout et tout le monde, tu veux changer de vie, tu veux que ça s'arrête. Tu veux que cette douleur dans ton cœur s'arrête, tu veux que le trou soit rebouché et tu veux repartir comme si de rien n'était. Sauf que tu peux pas, il est là pour te rappeler que justement, y en a, de trou et il creuse de plus en plus profond chaque fois que tu le vois. Il te le rappelle que y a un manque, il te hante avec le fantôme de ta sœur. Il te nargue et t'es presque sûre qu'il en prend un malin plaisir pendant que toi, ton cœur troué te ronge de l'intérieur. En fait, s'il veut te tuer, il s'y prend bien. « Qu'est-ce que ça peut te foutre que je me bourre la gueule, d'abord ? » Tu prends un verre et en moins d'une seconde le contenu était avalé. Toute la pièce tangue et tu vois presque plus rien, tu devines des formes et des visages, c'est suffisant. « J'suis pas une demoiselle en détresse, j'ai pas besoin d'aide et certainement pas de la tienne ! » Pour lui prouver, tu tentes de te relever, tu titubes, c'est difficile de tenir en équilibre, mais tu parviens tant bien que mal à aligner (enfin, aligner, tout est relatif) deux pas avant de lâcher prise et de finir assise par terre. Et puis couchée.
Tu gémis.
Puis tu fais pitié aussi.
Tant pis.
 
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MessageSujet: Re: ⊹ don't call it a fight when you know it's a war w/ bea   Mar 4 Aoû - 14:44


⊹ she's underage and so very very brave...

Evidemment, elle t'envoie bouler. Elle a surement raison, mais ça te fout quand même en rogne. A nouveau, l'envie de la secouer s'impose tandis qu'elle te crache à la gueule, vicieuse petite peste, enfant gâtée décidée à n'avoir besoin de personne : « T'es qui pour me donner des ordres, toi ? »
Tu roules les yeux, t'as l'impression d'être devant une gamine, une adolescente rebelle et insupportable. T'es passé par-là, tu devrais t'en souvenir, mais t'as juste envie de lui dire qu'elle n'est pas originale. A la place, tu lui laisses tout le loisir de déverser son poison, sa verve : « Qu'est-ce que ça peut te foutre que je me bourre la gueule, d'abord ? » Et dans la foulée, elle descend un énième verre, brulant sans doute son oesophage dans la foulée, te faisant presque tiquer. Aussitôt l'alcool descendu, elle continue sa petite diatribe pourtant, alors que tu la regardes, te souciant surtout de savoir si l'autre, le connard qui voulait profiter de son état, c'est barré. Quel grand prince tu fais... c'est presque hilarant.
« J'suis pas une demoiselle en détresse, j'ai pas besoin d'aide et certainement pas de la tienne ! » Elle le sait, tu le sais et maintenant, tout le bar le sait, parce qu'elle parle surement un peu trop fort pour ne pas attirer les regards. T'es sur le point de lui dire de baisser le ton quand elle se lève de son tabouret et fait deux pas, titubant comme un faon peu dégourdi... Dans l'instant, deux pas plus loin, elle se retrouve par-terre et tu réalises que t'avais vu juste, elle est ivre morte. A nouveau tu lèves les yeux au plafond, soupirant et essayant de faire en sorte que son gémissement ne t'atteignes pas. C'est con mais c'est le genre de truc qui peut finir de te briser. Difficile d'être une enflure empathique. Difficile d'ignorer, pourtant, qu'elle est au sol et que sa détresse irradie littéralement de ce corps trop alcoolisé. Un autre soupire, plus bref et tu bouges pour te pencher par-dessus le bar, piquant un torchon et un seau à glace presque plein, que tu lui plantes dans les mains en te retournant vers elle. Qu'elle tienne ça pendant que tu la portes, ce que tu fais même si t'es conscient qu'elle préfère surement rester au sol que d'être aidé par toi. Tu peux pas la laisser, c'est plus fort que toi. Tu glisses une main derrière ses jambes, une autre dans son dos et pestant en marmonnant « T'es plus lourde que ce que je pensais » plus pour la forme qu'autre chose - parce que lourde, elle ne l'est pas, c'est un poids plume - tu l'entraines vers un coin un peu moins peuplé du bar, juste à l'extérieur, pas loin de la porte que quelqu'un te tient ouverte, la posant sur une table déserte et attrapant le torchon et la glace, presque certain qu'elle n'a pas pu se vautrer comme ça sans se faire mal. Poignet, tête, elle a forcément cogné quelque chose. « T'as mal où ? » demandes-tu, un peu trop vif, scrutant son visage d'un air grave, essayant de compartimenter le bordel dans ta tête et t'armant de patience, de quoi la toiser d'un air froid plutôt que de montrer, d'oser montrer, que ça t'éclate le coeur de voir les conséquences de tes conneries. Si CeCe était là, elle vous frapperait tous les deux derrières la tête.

Et comme un con, t'as oublié ton verre sur le comptoir.
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MessageSujet: Re: ⊹ don't call it a fight when you know it's a war w/ bea   Mar 4 Aoû - 15:45


⊹ in a storm of feeling, i’m so unappealing.

T'entends de la musique et des voix, au loin, très loin. Tu sais que t'es dans le bar, enfin, tu crois. Tu n'es plus sûre, tu n'es plus sûre de rien et ça, ça fait deux ans que ça dure. T'es tellement douée pour cacher ce que tu ressens aux gens, tu montres ta colère, ta haine parce que c'est ce qu'ils s'attendent à voir, mais au fond, t'es triste, t'es seule et t'es dévastée. C'est CeCe qui est partie, mais elle a pris une partie de toi avec elle. La vie s'est abattue sur toi et tu n'arrives même pas à te relever. T'es incomplète, tu n'es que l'ombre de toi-même et tu ne sais pas quoi faire pour aller mieux alors tu continues de faire ce que tu faisais sauf que cette fois-ci, tu fais semblant. Tu fais semblant de vivre. Tu ne sais pas si réellement tu dupes quelqu'un, mais personne ne t'a fait de remarque, personne ne t'interpelle, c'est normal pour tout le monde et c'est devenu normal pour toi.

On te plante un truc dans les mains et peu après, ton corps quitte le sol froid. Ta tête cogne contre une surface dure, tu t'y colles, c'est chaud, c'est doux, t'entends un battement de cœur et c'est apaisant. Tu veux rester là, ça te réconforte. Tu voudrais être n'importe où mais pas ici, tu voudrais être n'importe qui, mais pas toi. Tu voudrais tout changer, tout recommencer. Tu n'as que dix-neuf ans, mais t'as l'impression que le Game est déjà Over. C'est triste à dire, mais même toi, parfois, t'as plus beaucoup d'espoir pour ta personne. C'est dans ce genre de moment que tu crois tout ce qu'on dit sur toi : juste une gamine insolente qui profite de l'argent, qui ne fait rien de sa vie, qui deviendra riche uniquement grâce au statut de ses parents. Peut-être que c'est vrai, peut-être que t'es juste une merde, Bea ...
Le réconfort est court, on te repose sur un truc dur et tout aussi froid que le sol. Ça se trouve, on t'a reposée un peu plus loin parce que tu gênais. Ça aussi on te le dit parfois que tu es une gêne et que tu ne deviendras rien de bien. C'est une possibilité d'avenir vu que tu ne vas plus en cours, vu que tu occupes tes journées en sortant avec tes amis pour aller un verre, qui souvent se multiplie pour en arriver à dix.

On te parle, encore la même personne. Tu te demandes ce qu'il te veut, pourquoi il est là et pourquoi est-ce qu'il t'adresse la parole. Où t'as mal ? « Partout. » Ta tête va exploser, ton cerveau est en train de flamber, tout ton corps est fatigué à cause des deux dernières années et ton cœur, tu voudrais l'arracher pour que tout s'arrête. Tu gémis. « J'veux rentrer. » T'essaies d'ouvrir les yeux et toutes les lumières te brûlent les yeux, voilà, t'as mal là aussi maintenant. Ton corps commence à trembler, t'as froid. « J'veux partir d'ici. » Ta voix tremble, elle aussi, tu finis réellement par craquer et les larmes te montent aux yeux. « J'veux CeCe. » Tu refermes tes yeux et tu sens des larmes te couler sur les joues. Tu pleures, merde.
 
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MessageSujet: Re: ⊹ don't call it a fight when you know it's a war w/ bea   Mar 4 Aoû - 16:23


⊹ let's compare scars, I'll tell you whose is worse

« Partout. » Ca ne t'aide pas, alors tu te contentes de l'observer dériver, ton ballotin de glace à la main, guettant un mouvement maladroit, un geste vers le bleu en devenir, te concentrant sur cette action simple pour ne pas trop réfléchir. Elle oscille, elle va mal, le 'partout' prend du sens parce que tu sais ce que c'est, ça fait deux ans que t'es dans le même état qu'elle. Tu soupires mais tu restes aussi patient que possible, tu la couves du regard en silence. « J'veux rentrer. » Elle grelotte alors qu'il fait chaud, que c'est une belle nuit. « J'veux partir d'ici. » T'as l'impression qu'elle parle d'autre chose que du bar. Sa voix tremble et tu sens tes murailles qui tressautent sous la menace. Elle est dans un piteux état et t'es pas certain d'avoir la force de gérer ça. Progressivement, tes mains se ferment un peu plus fort autour du ballotin de glace et tu sens quelques cubes se briser. Tu relâches la pression, un instant, mais lorsqu'elle souffle : « J'veux CeCe. » tu serres tellement fort tes poings que t'as l'impression de sentir tes articulations sur le point d'exploser. Tu murmures, pourtant, d'une voix à peine inaudible un « Je sais. » qui sonne comme un 'pardon', comme un 'moi aussi' surtout.

Une larme s'échappe de ses cils, glissant sur sa joue et tu fais l'effort de déplier tes doigts pour venir essuyer la trace humide, repousser ses cheveux blonds derrière son oreille, dégager son visage. Tu t'accroches à l'idée d'efficacité, tu appuies doucement le paquet glacé contre sa tempe en te disant qu'elle a du se cogner la tête ou qu'au moins, ça lui rafraichira les idées et la fera dessaouler un peu. Tu ne peux pas te permettre de la voir comme une âme brisée, t'es pas assez solide pour ça... et pourtant, sous ton nez, tenant à peine droite et réclamant sa soeur, il y a Béa, Béa qui pour une fois ne t'attaque pas, trop ivre pour ça. Tu déglutis et avant même de réaliser que t'es en train de parler, tu t'entends dire : « Si c'était aussi simple que ça, j'aurais échangé nos places... » et ça, tu l'as jamais avoué à voix haute, pas même à Oli. Ca te secoue, ça te fait tiquer, alors tu remballes, vite, de ton mieux, tu caches la détresse dans ton regard et le manque d'assurance dans tes gestes.

Vite, vite, se planquer derrière les airs d'enflures.
Vite, de quoi se préserver.
« Et, toi, va chercher de l'eau. » tu apostrophes une jeune fille qui passe, claquant des doigts pour avoir son attention et puis sans lâcher la blonde, d'une main, tu te débrouilles pour sortir une clope, retrouvant ton feu au hasard, au fond d'une poche que tu avais pourtant fouillée. A nouveau tu roules les yeux, parce qu'évidemment, c'est maintenant que la rixe est passée que tu mets la main dessus. Tu passes outre, allumes une cigarette, la tends à la petite soeur de CeCe, qu'elle se concentre là-dessus pendant que tu remonte tes barrières, au moins assez pour l'affronter, pour affronter le néant laissé la mort par Cecily.
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MessageSujet: Re: ⊹ don't call it a fight when you know it's a war w/ bea   Mar 4 Aoû - 22:29


⊹ cause you know that i can't do this on my own.

T'ouvres les yeux, malgré ta vision brouillée par les larmes et l'abus d'alcool, tu vois bien que c'est Hayley qui se trouve en face de toi et qui t'aide. Tu le questionnes du regard parce que tu ne comprends vraiment pas. Vous n'avez rien fait d'autres ces deux dernières années que vous bouffez la gueule comme deux chiens enragés à chaque fois que vous vous voyiez. Il aurait très pu te laisser crever, te laisser te faire manger par des bouches inconnues et partir sans avoir aucun remord et pourtant il te tenait pour empêcher tout ton corps, la tête et les bras ballants, de tomber à la renverse. T'as presque aucun doute que toi, c'est ce que tu aurais fait, tu l'aurais laissé en te disant que ce n'était que ce qu'il méritait. Il essuie tes larmes et dégage tes cheveux, t'as presque envie de t'appuyer sur sa main, qu'elle reste sur ta joue. Tu cherches un contact humain, un vrai, pour la première fois depuis deux ans. T'aurais préféré que ça soit quelqu'un d'autre que la personne que tu détestes le plus au monde, la personne qui a détruit ta vie en une seule soirée, la personne qui t'en fait baver à chaque fois que tu le vois, mais il ne te reste que lui. Tout le monde est parti, tes soit-disant amis sont partis pour s'amuser ailleurs et toi, tu t'es amusée toute seule. Certaines de tes larmes coulent encore, c'est plus fort que toi, t'essaies de les contenir, mais ça fait deux ans que tu te retiens et ce soir, t'en peux vraiment plus. Tu fermes les yeux pour essayer de te calmer, ta respiration est tellement irrégulière que tu suffoques. T'y penses pas tous les jours, à Cecily, t'essaies de te distraire avec les futilités de la vie, mais quand tu y penses, ça t'entraîne vers le fond, tu te noies sous les sentiments de remords, de colère et de tristesse. Tu ne sais plus quoi faire de toi, tu ne sais plus où tu vas, ni pourquoi tu fais ce que tu fais. Plus rien n'a de sens dans cette vie de merde. On te pose un sac de glaçons sur la tempe droite, tu sursautes, pas préparée à la différence de sensation. Tu crois que t'en as pas besoin, mais tu ne bouges pas, incapable de te déplacer seule de toute façon. « Si c'était aussi simple que ça, j'aurais échangé nos places... » T'ouvres les yeux d'un coup comme électrocutée, t'es pas certaine d'avoir bien entendu. D'un revers de la main, t'essuies les deux rivières d'eau salée qui viennent de tes yeux pour mieux voir. Tout n'est pas très clair, tout vacille encore un peu, mais tu peux t'apercevoir qu'il est aussi surpris que toi par sa déclaration. Durant tous ces mois à l'avoir insulté de tous les noms, d'avoir imaginé mille et une façons de lui ôter la vie, tu te dis que peut-être que, lui aussi, il pensait comme toi. Tu n'as jamais pensé à te mettre à sa place, il ne t'a jamais donné aucune raison de le faire, donc tu n'as jamais pensé qu'il pourrait se sentir tout aussi mal que toi. C'est le meurtrier de ta sœur et t'as pas été cherché plus loin que ça. C'est tellement plus facile de prendre quelqu'un pour coupable et de lui mener la vie dure jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus, c'est plus simple de blâmer les autres, de pointer du doigt au lieu de se poser les bonnes questions. Tu te ramollis comme des céréales dans un bol plein de lait, tu te sens coupable pour des choses que tu aurais repoussé d'un haussement des épaules en temps normal. L'alcool, Hayley et CeCe, ce n'est pas un bon mélange pour toi. « Je pense pas que ça aurait été une bonne idée. » Tu marques une pause, pas certaine que tu veuilles vraiment continuer, mais tu sais que tu ne te souviendras de rien demain alors tu oses ajouter : « Elle aurait été à ma place ce soir et clairement, j'aurai pas eu assez de force pour la porter. » Un léger sourire traverse tes lèvres. Tu ne te reconnais pas, ça te fait flipper d'être soudainement si proche de la personne que tu as passés plus de deux ans à détester amèrement. Tu le détestes toujours, en fait. Tu le détesteras probablement à vie, mais c'est plutôt agréable d'avoir une trêve, même si elle est de courte durée.

Il te passe une cigarette, mais tu secoues la tête. Tu ne fumes pas, pas de cigarettes en tout cas. A la place, tu tires sur sa manche. « J'dois faire pipi. »
 
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MessageSujet: Re: ⊹ don't call it a fight when you know it's a war w/ bea   Jeu 6 Aoû - 4:31


⊹ hold onto me.

Tu l'observes, tu peux pas t'empêcher de la regarder, de fixer les ombres qui dansent sur son visage. T'as beau chercher, maintenant que tu l'as sous le nez, comme ça, tu te demandes un peu comment t'as pu penser qu'elle ressemblait à CeCe. Evidemment, elles sont de la même famille, elles ont les mêmes traits, mais tu connaissais trop bien l'ainée pour te laisser avoir par les similarités avec la cadette. Non, Béa a le visage un peu plus fin, plus poupin, plus sournois aussi mais là elle est trop ivre pour que ça se voit. Bordel, elle est dans un piteux état et l'autre ne revient pas, où sont les gens obéissants quand on a besoin de faire dessaouler quelqu'un. « Je pense pas que ça aurait été une bonne idée. » Tu fronces un peu les sourcils, tu t'attends au pire mais elle ajoute : « Elle aurait été à ma place ce soir et clairement, j'aurai pas eu assez de force pour la porter. » et soudain, t'as un sourire triste accroché aux lèvres, un sourire nostalgique et maladroit et... merde, t'es pas foutu de gérer ça.

Tu les imagines, pourtant. T'imagines Cecily, deux ans après ta mort. Assurément, elle aurait mieux avancé que toi, t'en es persuadé, elle t'aimait pas comme tu l'aimais. Ironie du sort. C'est celui qui est brisé au possible qui reste. Tu secoues un peu la tête pour chasser les images, les idées qui font mal et elle, la gamine, elle secoue la tête pour refuser la cigarette, que tu portes alors à tes lèvres puisqu'elle n'en veut pas. A la place, elle souffle : « J'dois faire pipi. » et t'as l'impression d'avoir une enfant devant toi. Une enfant casse-couille pendant un trajet en voiture. Tu soupires, mais tu souris. Une bouffée de fumée t'échappes et tu réponds « Evidemment. » attendant une seconde avant d'ajouter : « Laisse moi terminer ma clope et je trouve tes potes pour qu'elles t'aident... »

L'idée de la laisser seule, ceci dit, ne te plait pas trop. Tu repenses à l'autre con, tu penses à la route pas loin, au fait qu'elle est saoule... mauvais plan. Et puis même, t'es presque certain qu'il y aura bien un idiot de son gang pour chercher à te péter les dents alors tu devrais peut-être t'abstenir. Tu tires une nouvelle fois sur la cigarette et tu murmures « Elle sortait avec moi pour faire chier vos parents, CeCe, j'crois qu'elle s'en foutait un peu, elle m'aurait vite oublié... » et tu ne sais pas trop d'où ça sort, alors tu ajoutes « Nevermind. » d'une voix qui craque un peu, un peu trop fort. Ca te fait claquer ta langue derrière tes dents et dans la foulée, tu jettes la cigarette, levant la tête pour expirer la fumée.

« okay, on y va, si tu veux vomir tu tournes la tête hein... » tu déclares, glissant un bras derrière elle, sous le sien, pour la soulever un peu. Tu ne la portes pas comme tout à l'heure mais tu la soutiens tellement, enlevant tout son poids de ses jambes que c'est comme tel. Tu marches en la pressant contre ton flanc, essayant de te souvenir de l'endroit où se trouve les toilettes et te demandant si la jeter derrière un buisson n'irait pas plus vite. Tu soupires. Dans quoi tu t'es embarqué. T'as vraiment pas besoin de ça.

Tu songes à la ramener et tu te matraques mentalement. Non. T'as bu. Elle monte pas dans ta voiture. Quoi que tu balances comme horreur, tu refuses d'être responsable de ce genre de chose. Non. Un type normal aurait pu la foutre dans sa caisse pour la ramener chez elle, mais t'es pas normal. Tu pourrais appeler Oli, mais même, il est surement défoncé... t'es coincé là, tant pis, tu préfères trainer jusqu'à ce que le soleil se lève plutôt que de la faire monter dans ta voiture. Finalement, t'arrives devant la porte des toilettes et t'as un moment de flottement. T'as pas l'air con. Tu pousses le battant en bois avec ton épaule, ignorant le pictogramme qui t'indique que t'es pas à ta place et tu demandes, essayant de sonner plus narquois que nécessaire : « Besoin d'aide ? » alors que tu la lâches en la poussant doucement vers une cabine vide et à peu près propre. 
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